Reflexion sur l'habitat menaçant ruine
La notion d’habitat à risques
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Elle englobe les constructions dégradées ou en souffrance, celles qui menacent ruine et celles en souffrance ultime, il touche toutes les régions du Maroc (11.5% du parc logement national soit à peu près 348 000 logements dont 75% dans les bidonvilles, le rural et les villas).
Il est à noter la nécessité d’instaurer une politique de lutte contre ce type d’habitat pour pallier à : |
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L’insuffisance de documents d’information géographique sur les sites à risques ;
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L’insuffisance d’unités destinées aux couches défavorisées ;
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La défaillance dans la mise en place des plans de sauvegarde des médinas ;
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L’absence d’une politique de rénovation urbaine.
L’enquête logement a fait ressortir six degrés d’insalubrités dont le menaçant ruine est classé en premier degré et à pathologies et souffrances multiples notamment les souffrances par rapport:
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Aux types de dégradation (fissures des murs et poteaux, humidité des murs,…) ;
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A la qualité des matériaux (simplifications abusives ou maladresses de mise en œuvre);
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A la protection de la construction (absence de revêtement des façades, d’étanchéité,…) ;
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A l’entretien de la construction (négligence en cas de location, manque de moyens,…).
Le phénomène des constructions menaçant ruine est spécifique à chaque tissu
Les médinas :
selon l’enquête logement 2001, 50% des constructions du parc historique sont dégradées et moins de 10% menacent ruine. Et les principales caractéristiques de ces tissus urbains peuvent se résumer en :
Tissu irrégulier, voies étroites et dégradées, problèmes d’assainissement, surélévations, étanchéités et extensions abusives, dégradations sur la maçonnerie qui résiste mal aux efforts de traction et de vieillissement avec l’humidité.
Les nouvelles médinas :
ce parc a été produit pendant le protectorat (138 000 logements dont 76% de type maisons marocaines modernes). Les utilisateurs de ce type d’habitat n’ont pas de notion d’entretien et les souffrances peuvent se résumer aux carences d’étanchéité et aux défauts de plomberie au niveau de l’évacuation des eaux pluviales.
L’habitat clandestin :
constitue le foyer préoccupant des constructions menaçant ruine compte tenu des défaillances qui y sont rencontrées à l’instar des terrains accidentés, des infrastructures de base défaillantes, des constructions sans aucune étude technique et la médiocrité des qualités de réalisation.
Pratiques et difficultés
Les approches des acteurs :
En l’absence d’une stratégie globale d’intervention, l’Etat doit démontrer la faisabilité de certains cas pour que la population puisse prendre le relais, mais pour que ces cette action puisse être reproductible, il faut :
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Sensibiliser la population et l’ensemble des acteurs ;
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Instaurer une pédagogie "multidirectionnelle" sur le phénomène ;
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Prévoir les aides nécessaires en moyens techniques et financiers pour assister la population.
Le volet technique :
Il devra englober la gestion du risque, le suivi des désordres, le soutènement de sécurité par une cellule technique et la réparation des désordres et le confortement des structures.
Cependant, les difficultés rencontrées résident en l’absence de profils spécialisés dans le confortement et la réhabilitation, la complexité des travaux et le manque d’expériences, l’absence de capitalisation du savoir pour le bâti traditionnel…
Le volet social :
Il traite du comportement de la population vis-à-vis du phénomène : grande émotion de la population au lendemain d’un sinistre, les décisions d’évacuation sont souvent considérées comme une injustice et un déracinement, et l’incapacité des ménages à appréhender seuls le phénomène (absence d’une assistance technique et des revenus limités).
Le volet financier :
Il concerne les coûts d’intervention élevés, les moyens financiers limités, et l’aide à la population.
Toutefois, certaines difficultés sont à soulever à savoir les moyens colossaux indispensables, le micro crédit n’étant pas encore prêt et la lenteur de passation des marchés qui ralentissent les actions d’urgence.
Le volet juridique :
Les principaux problèmes rencontrés peuvent se résumer en :
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L'absence de jurisprudence dans les tissus anciens et les QHNR,
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le statut foncier et le statut d’occupation qui constituent des entraves aux interventions.